Le solstice d'hiver vient à peine de passer que pourtant étrangement tout déjà s'assombrit. Espérons simplement que la pluie ne viendra pas toquer à la fenêtre grisée. Ce n'est vraiment pas le moment... Il n'a pas besoin de ça. Mais les gros nuages noirs se font de plus en plus nombreux au dessus de la ville qui, au moment du solstice d'hiver justement, semblait encore si joyeuse. Ce n'est pas le moment, vraiment pas ! Tout se fait si pressant. C'est comme si les éléments se liguaient contre lui, comme s'ils voulaient se venger de quelque chose qu'il n'aurait jamais du faire. Et ces cumulus convectifs annonciateurs de jours moins agréables ne sont pas les seuls à se faire pressant. Les évènements, eux aussi, se mettent, sans même prévenir évidemment (ce serait moins drôle pour les divinités farceuses si tout était toujours prédit à l'avance), à lui jouer de mauvais tours. Ça avait pourtant bien commencer.... L'attente angoissante d'un retour à l'ancienne modernité était belle et bien close. Mais d'un seul coup, ce retour aux anciennes habitudes lui a paru on ne peut moins habituel. Qu'a-t-il bien pu se passer pour que ça en soit arrivé là ? Y a-t-il eu des éléments anonciateurs ? Ou ne serait-ce qu'un déclencheur identifiable ? Personne ne sait, je crois. En tout cas, lui il ne le sait pas. Je le vois bien d'où je suis. Je ne quitte plus des yeux son air résigné, ses doutes palpables de l'autre bout du monde. Qui aurait pu ne rien remarquer ? Qui aurait pu ne pas remarquer au moins un petit changement en lui ? En ce qui me concerne je trouvais ça cataclysmique. Pendant un temps j'ai cru que c'était à cause des ses erreurs de calcul, à cause de la petite erreur devenue énorme mais finalement en train de se régler. J'ai ensuite pensé à un genre de contre-coup. Mais non, ce n'était pas ça non plus... Enfin, je sais désormais que ce n'était pas ça, mais je sais également que je ne saurais sans doute jamais ce que c'est réellement. Quelqu'un peut-il le savoir ? Je crains bien que lui-même ne le sâche pas. Peut-être qu'elle... Mais où est-elle ? Elle était enfin à nouveau connectée à la fausse réalité mais, finalement, je crois qu'il préférait quand elle en était déconnectée et seulement reliée à la vie réelle. C'était bien plus irréel et il aimait ce qu'il croyait. Je ne suis pas sûr de ça évidemment. La seule certitude dans tout ça, ce sont ces jours qui se rallongent mais pourtant s'assombrissent. Vous savez quoi ? Je parle dans le vide car je le suis. Inexistant ici, juste de passage de façon éphémère (un embellisement passager et si ce n'est raté, au moins inutile, comme tout embellissement d'ailleurs), je crois qu'avant de disparaitre je dois me rendre à l'évidence ; seule la réalité pourra nous amener la vérité. Et encore...